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Vulgarisation Bulletin de liaison du Programme National de
TRANSFERT DE TECHNOLOGIE
EN AGRICULTURE


 


Les Parcs Naturels du Maroc: L'Oued Massa
 
 
Selon la légende, c'est sur cette plage qu'au VIIème siècle de notre ère, Oqba ben Nafi, conquérant arabe du Maghreb, aurait poussé son cheval jusque dans les flots, montrant ainsi qu'il avait poursuivi sa conquête au nom du prophète jusqu'au bout de la terre. Ce lieu est devenu également mythique pour les ornithologues par la présence de la dernière colonie mondiale d'Ibis chauves.
 
L'embouchure, depuis longtemps mise en réserve, est une halte migratoire et un lieu d'hivernage pour beaucoup d'oiseaux circulant entre l'Europe et l'Afrique via Gibraltar. Les limicoles en sont les premiers bénéficiaires dont certains, au bord de l'extinction, ne sont plus observés qu'au Maroc. Fin Octobre 94, un courlis à bec grêle est vu à Massa. Depuis quelques années, seulement 2 individus sont régulièrement observés à la Merdja-Zerga au Nord du Maroc.

Exemple dramatique d'une espèce qui ne connaîtra sûrement pas le siècle prochain.

Spatules et flamants fréquentent régulièrement les eaux saumâtres et quelques grues cendrées connaissent ici le point le plus méridional de leur aire d'hivernage.
 
Le parc géré par l'administration des Eaux et Forêts, s'organise. Une garderie se met en place et certains des agents techniques ont de solides connaissances naturalistes, ce qui permet un bon suivi des populations d'oiseaux. L'aménagement d'une ruine de station de pompage sur l'embouchure, en poste d'observation, est en cours. Il sera alors possible, en toute discrétion, d'observer les allées et venues des oiseaux en fonction des marées et les ébats de nombreux sangliers dans les vasières, à toute heure de la journée (cette espèce étant de fait protégée en terre d'Islam). Avec plus de chance on pourra apercevoir un couple de mangoustes "ichneunon" ou un chacal doré.

En amont de la réserve intégrale, là où l'eau reste douce, s'étalent les jardins irrigués de Massa, sur les coteaux de la vallée de l'Oued, de nombreux douars (villages) se sont installés. Dans ces jardins il règne une activité rurale fébrile. Un va et vient d'ânes chargés de luzerne, de maïs ou de fèves, circulent entre les nombreux chemins creux servant de canaux d'irrigation lors de l'inondation des parcelles. A cette occasion, il se produit un véritable festival de plumes ! Dès qu'une parcelle est inondée les Hérons gardes-boeufs, les guifettes en migration, les bergeronnettes de toutes espèces et sous-espèce, des glaréoles et autres limicoles se précipitent pour happer les insectes et larves essayant d'échapper à la noyade. Tout cela à quelques mètres du spectateur étonné de cette subite concentration et du peu de sauvagerie des oiseaux.

Parfois, un Aigle de Bonelli ou un Faucon lanier attaque sans prévenir. Une population d'Ibis falcinelle (environ 60 individus) fréquente depuis quelques années les jardins et un heureux événement est découvert au printemps 94: 3 nids dans une héronnière de gardes-boeufs. Un nouveau site de nidification pour cette espèce avec une avancée très marquée vers l'Est par rapport à ces lieux de nidifications habituels dans les Balkans.

L'ibis chauve (Geronticus eremica)
Noir, lustré de reflets verts, avec la nuque ornée d'une touffe de longues plumes flottantes, cet Ibis est curieusement dénudé à la tête et à la gorge, dont la peau est rouge de même que les pattes. Le "Waldrapp" décrit en 1555 par Gessner habitait à cette époque l'Europe en Autriche et en Suisse, il disparut au 17ème siècle de ses derniers refuges alpins, relique d'une distribution primitive dont nous ne savons rien. L'Ibis chauve niche en colonies dans les paroies de rochers, il se nourrit d'insectes et de petits vertébrés dans les steppes. Il ne semble subsister que 250 oiseaux environ dans la région d'Agadir au Maroc. La population Turque a disparu en 1989, quelques oiseaux ont été notés en hiver, en Arabie Saoudite récemment, l'espèce est donc menacée d'extinction.  
G. Trochard

Par G. Trochard, Charente Nature 119 (1995)



Le Parc National de Souss-Massa

Le mérite de la création de ce parc en 1991, sur 34 000 ha, revient à sa position géographique méridionale, la diversité de ses biotopes, la richesse et l'originalité de sa faune et de sa flore. La végétation du parc, à affinité macaronésienne, tropicale, saharo-sindienne et méditerranéenne, est très typique et son endémisme très prononcé. Elle est composée d'une steppe littorale, d'une steppe à euphorbes, d'une végétation dunaire à base de Traganum, d'arganiers sur les terrains rocheux et d'espèces aquatiques, comme le Typha, Phragmites, Juncus, qui colonisent les rives de l'Oued Massa.

Le parc sert actuellement de lieu privilégié pour la reconstitution de troupeaux de base de certaines espèces sahariennes disparues du Maroc, notamment la gazelle dama mhorr, l'oryx, l'addax et l'autruche, en vue de leur réintroduction dans leur biotope d'origine.

Le parc abrite 257 espèces d'oiseaux, 46 espèces de mammifères, 40 espèces de reptiles et amphibiens, et 9 espèces de poissons ainsi que de nombreuses espèces de papillons. Il offre refuge à la plus grande colonie au monde de l'Ibis chauve.

Les embouchures de Massa et de Souss, situées dans le parc, constituent des zones humides d'importance internationale pour les oiseaux migrateurs.

   
Autres parcs nationaux marocains
1. Toubkal    2. Tazekka    3. Souss-Massa   4. Al Hoceima   5. Talassemtane* 
6. Ifrane*,  7. Haut-Atlas oriental*   8. Iriqui   9. Bas Drâa*
10. Dakhla côte des phoques* 10 bis. Dakhla Sahara*
* en projet  

 
Par AECS (1996)


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© 1998, Bulletin réalisé à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II,
Responsable de l'édition: Prof. Ahmed Bamouh
Programme National de Transfert de Technologie en Agriculture (PNTTA)
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Tél-Fax:(212) 37-77-80-63